
« Unis par le sort », telle est la deuxième phrase de notre hymne national. Elle soutient qu’aucun d’entre nous n’a choisi de naître congolais. Mais c’est bien, la volonté divine qui nous oblige de vivre ensemble en tant que congolais.
Depuis quelques semaines, cette volonté du vivre ensemble est mise à rude épreuve. Commencer sur les réseaux sociaux, le débat sur le verrouillage de l’accès à la présidentielle aux congolais d’origines qui ne sont pas de père et de mère, a fait son bonhomme de chemin jusqu’à atteindre les couloirs du parlement à travers le dépôt de la loi Tshiani ( son initiateur) par le député Nsingi Pululu.
Cette proposition a pour objectif selon son concepteur « d’éviter que les congolais d’origine, qui ne sont pas de père et de mère congolais d’acceder aux postes de souveraineté notamment celui du président de la République ».
La tension est palpable dans les états majors politique, où chacun s’emploie à défendre sa grotte dans la perspective des élections de 2023. Loin de l’optique électoraliste, l’enjeu est tout autre, il va au-delà des simples ambitions électoralistes. Il interroge la conception que nous faisons de la nationalité congolaise voire de la nation congolaise.
L’existence de ce forum traduit déjà le caractère sectaire de cette loi
Il n’est plus question d’une simple surgélation des conditions d’accession à la présidence. Mais d’un slogan devenu un marqueur typologique de la bifurcation entre les congolais de père et de mère d’un côté, et de l’autre côté des congolais dit « Demi Dakar ». Cette proposition de loi a instauré dans le subconscient congolais, une sorte de pureté génétique qui caresse l’eugénisme dans la conception de la congolité d’origine.
La démarche devient clownesque voire ridicule lorsque son initiateur se félicite dans les réseaux sociaux de la création d’un forum WhatsApp des députés de père et de mère. L’existence de ce forum traduit déjà le caractère sectaire de cette loi, et le risque de voir la naissance des associations se réclamant de père et de mère congolais dans un pays qui lutte contre l’ethnicisme généralisé de la société.
La nationalité congolaise d’origine n’est pas subdivisée en catégorie ( article 10 de la constitution). La fractionner entraînera un morcellement en escouade de 100%, 50%,25%… Du degré de congolité d’un chacun. Ajouter à celà le caractère Tribal et ethnisiste du pays de Lumumba.
L’inopportunité de cette loi est éclatante, son caractère divisionnaire n’est pas à démontrer. Si cette loi est votée par le parlement congolais, la nation de la gâchette de l’Afrique va courir un grand danger. En ce sens que le sectarisme tribal régnant dans le pays se verra renforcer par une loi qui prône une discrimination négative pour le vouloir vivre ensemble. Dès lors comment batir un pays plus beau qu’avant.
Par Mukendi Kalonji David