
L’information est tombée samedi,
Jean Marc Kabund n’est plus
membre de l’UDPS. Du déjà vu
sans doute. Le terme exclusion
ou auto-exclusion est
consubstantiel à l’UDPS.
On se souvient volontiers de tous ces
harangueurs des foules qui sont
passés par la case exclusion. A
titre d’illustration on peut citer :
le feuilleton Belchika, l’épisode
Mubake ou encore la série des
défections de 2006 de Bomanza,
Bazaïba et consort.
Contrairement à ce que l’on
peut dire, l’exclusion d’un
membre quelqu’en soit les
raisons est une perte et surtout
si ce membre était le président
du dit parti.
Dans une tribune publiée sur son
blog, l’analyste Matamba Lukasu
expliquait le pourquoi l’UDPS devait
utiliser ses contradictions internes
afin de se réinventer et devenir une
alternative à soi-même. Hélas, il n’en
sera pas question. (https://matambalukasu.blogspot.com/2021/09/udps-se-reinventer-pour-devenir-une.html)
Mais cette mise à l’écart du Maitre
nageur, est à analyser dans une
perspective plus large dans le cadre
des prochaines élections. En effet,
beaucoup s’étonne sûrement du
silence du président de la
République depuis l’annonce, il y a
près de deux semaines de la
démission de l’un des ses bras droits
et un d’éléments majeurs du
processus de déboulonnement de
l’an passé.
Cela s’explique après trois cycles
électoraux, les partis politiques ont
montré leur limite dans la conquête du pouvoir.
Car, au vu de l’électorat parsemé de
la R.D.C, il est mieux souhaité de
s’entourer d’un grand groupe hétérogène que de s’appuyer sur un
parti politique avec un président ai qui,
a généralement des propos
discourtois envers des alliés.
La terre n’admet pas deux soleils
En filigrane, cette éviction de Kabund
fait tomber un mythe. Le mythe d’un
grand parti de masse au sens de
Maurice Duverger présent dans
l’ensemble du territoire national et
pouvant faire élire un Président de la
République.
Dans cette optique de constitution de
grands groupes électoraux, l’actuel
locataire du Palais de la Nation a déjà
neutralisé deux probables
concurrents.
Le premier Kabund qui,
s’il n’est pas encore un aspirateur
immédiat à la présidentielle, mais il
s’est placé dans une perspective de
l’après 2023 comme si pas le
dauphin, le prochain khalife.
Malheureusement pour lui, la terre
n’admet pas deux soleils.
L’autre concurrent de taille est Moïse
Katumbi qui se retrouve entre le
marteau et l’enclume. Car, son départ
de l’Union Sacrée va le déplumer
certainement. Son indécision après
son ultimatum de la ligne rouge en dit
long.
Au final, Kabund s’est noyé tout seul,
pensant qu’il était le maître de la nage
oubliant qu’il n’était pas le propriétaire
de la piscine. Que va-t-il faire? On le
saura très bientôt.
De là où il est, Machiavel est sûrement
fière de son prince Tshisekedi.
DAVID MUKENDI KALONJI