Bloc-notes : Felix Tshisekedi, la nuance !

Trêve des supputations, il était temps qu’il parle et il a fait. Le président de la République Démocratique du Congo Felix Tshisekedi a passé en revue lors d’une interview accordée à la voix de l’Amérique l’actualité politique du pays.

Deux sujets ont particulièrement retenu mon attention du fait de la polémique qu’ils ont suscitée. Il s’agit de la proposition de loi portant sur la congolité et sur la désignation du président de la centrale électorale.


Le moins que l’on puisse dire, est que Fatshi a pris le contre-pied parfait par rapport à une certaine opinion. D’abord concernant la loi sur la Congolité, le président de la République déclare: : « Noel Tshani est un congolais, il est dans son droit (…), Est-ce qu’être congolais de père et de mère suffit comme critère à garantir une bonne gestion des autres congolais de père et de mère? Je ne crois pas. »

En déclarant ouvertement qu’il est contre cette proposition de loi, Fatshi nage là à contre-courant de la plupart de ses partisans qui ont publiquement manifesté leur approbation sur cette loi.

Il surprend aussi ses opposants/ alliers qui voyaient dans son silence la main noir qui, téléguidée depuis la cité de l’Union Africaine la confection de cette proposition de loi. Cette prise de position permet au président Tshisekedi d’éteindre le feu au sein même de sa coalition « Union sacrée » dont une branche menaçait de claquer la porte si et seulement si, cette thématique était inscrite à l’ordre du jour de la session de septembre à l’assemblée nationale.

Il caresse par conséquent dans le sens du poil un de ses alliés importants dans le renversement des forces établies après les élections de 2018. Est-ce une façon de l’endormir et de porter le coup de grâce le moment venu? L’avenir nous le dira, mais pour l’instant restons sur les faits.

La deuxième thématique sur laquelle il était attendu est la désignation du président de la commission Électorale Nationale Indépendante. A ce propos le président Tshisekedi déclare: « Si je dis Ok, on retire comme disent les deux confessions religieuses qui sont minoritaires, les six autres confessions le prendraient très mal, si on impose parce qu’il y a six contre deux, les deux autres le prendront mal ».

Là encore on attendait une opinion tranchée, Tshisekedi se place en garant du bon fonctionnement des institutions en revoyant les confessions religieuses au bon sens pour la désignation du président de la CENI.

D’aucuns diront, qu’il s’était ouvertement prononcé sur la question de la désignation de Ronsard Malonda et pourquoi maintenant il ne le fait pas alors qu’il est saisi par la Cenco et l’E.C.C. Rappelons qu’à l’époque le président de la République répondait au bureau de l’Assemblée nationale sur la base du procès-verbal entériné par la plénière de la chambre basse et que le président devrait acter cette désignation.

Dans la présente situation il serait judicieux de signaler que, ce procès-verbal n’existe pas encore ou du moins n’est pas encore transmis au président de la République. Sur la base de quoi devrait-il intervenir ? Espérons qu’il le fera si la situation se reproduit. C’est donc ça la nuance.

Par David Mukendi

Laisser un commentaire